Des spirales et des tournesols

L’intersemestre, je l’ai déjà écrit ailleurs, il faut bien en profiter pour avancer sur plein de volets : corriger des copies, évaluer ses cours du semestre d’hiver, préparer les nouveaux, organiser les activités du SLZ pour le semestre d’été, rédiger ou corriger des articles, suivre des formations,  et, bien sûr,  chercher des réponses aux questions philosophiques, zoologiques et – on vient d’apprendre qu’il existe aussi cette discipline – bioacoustiques posées par les collègues tout au long du semestre.

Vous savez bien que l’apprentissage a des voies que la raison ne connait pas : on n’apprend pas toujours ce qu’on nous apprend, bien au contraire souvent on apprend par hasard, dans des contextes informels ou semi-formels, grâce à  des rencontres, des entretiens presque à la dérobée, des livres ou des articles trouvés alors qu’on en cherchait d’autres.

C’est ce qui m’est arrivé à Glasgow, au 46ème congrès international de l’IATEFL , où j’ai été invitée au symposium « Assessing for learner autonomy ». Rassurez-vous, ce n’est pas du congrès que je vais vous parler, encore que j’aie eu la chance d’y rencontrer des collègues très compétentes et d’en tirer plein d’idées pour la recherche et l’enseignement  dans les domaines autonomie de l’apprenant, évaluations des compétences, utilisations des TICE dans l’enseignement et l’apprentissage des langues, bref, dans tout ce qui est notre pain quotidien. Si ça vous intéresse, on pourra en discuter aisément  à la fac.

Ce congrès a éclairé ma lanterne, comme dirait Dominique, sur quelques questions que nous débattons de temps en temps, et que, comme j’ai pu constater, nous ne sommes pas les seules à débattre ; ça m’a  fait découvrir des ressources qui nous pourraient être utiles pour l’avenir, et par-dessus le marché ça m’a ouvert les yeux sur d’autres questions interculturelles et interdisciplinaires qu’il vaudrait la peine, à mon avis, d’explorer. Mais ce sera à vous de décider.

Du côté ressources il faudrait prendre note du site www.ehow.co.uk: c’est ici que les ornithologues amateurs et les observateurs d’oiseaux  – une véritable passion des britanniques – peuvent déposer des photos d’exemplaires ornithologiques inconnus qu’ils ont repérés pour en recevoir des lumières de la part d’experts ou d’autres apprenants (dans l’esprit de l’apprentissage coopératif que nous pratiquons déjà sur petite échelle). (Voir aussi http://www.whatbird.com).

Du côté questions, j’ai pu vérifier que les hydropotes (ou cerfs d’eau chinois, Hydropotes inermis) sont roux, comme les Kangouroux (ops, ça je peux l’envoyer à l’atelier diktée du Monde), mous, doux et pratiquement muets, tandis que les écossais émettent des sons indiscernables, presque impossibles à décoder et encore moins à articuler, pour ne pas parler des arabesques de leurs danses traditionnelles accompagnées de fagots et de cornemuses. 

Toute satisfaite de mon butin zoologique, je m’apprête à partir et me voilà à l’aéroport de Glasgow en train de siroter mon cappuccino et de feuilleter The Times édition Ecosse, quand je suis foudroyée par un titre : « Grown your own answer to mistery of life that made Turing’s head spin » (voilà les françaises, cela vous fera un peu d’exercice en anglais, non que vous en ayez besoin, je sais!).

Turing, le mathématicien auquel nous devons la création des premiers ordinateurs ante litteram, avait découvert ou plutôt deviné dans le pistil du tournesol – regardez bien la photo ci-dessous – la présence d’un modèle mathématique, voire la suite de Fibonacci, constituée par une série de chiffres partant de 0 et 1, dont chaque chiffre est défini par son échelle de récurrence  u2 – u – 1 = 0 (0, 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, etc., j’ai bien réussi à calculer jusques là ! Le reste, c’est pour toi, Isabelle !)

(merci à aldoaldoz http://www.flickr.com/photos/aldoaldoz/3152786649/ )

Mais, comme il est décédé avant de ne pouvoir résoudre complètement cette énigme, à l’occasion du centenaire de sa naissance le Festival de la Science Manchester a organisé un concours, en invitant tous les intéressés à planter un petit tournesol (ou un grand), pour pouvoir compter sur grande échelle les carpelles (les boutons) du pistil et vérifier donc cette intuition. Une façon très british de conjuguer l’amour pour la recherche, la passion pour le gardening et les concours (Si vous désirez approfondir ce sujet je vous conseille – Grow your own, Greenfingers et Wallace et Gromit, The curse of the were-rabbit).

Il faut ajouter que ce modèle se retrouve ailleurs en nature: les ananas, les pignes, les escargots…

(Merci à Mingo pour cet exemplaire fantastiquehttp://macroiris.blogspot.de/2007/04/estivacin.html )

Comme quoi, les questions portantes et importantes se rejoignent et nous nous retrouvons au thème entamé par Isabelle : l’héliciculture et ses environs. Ce qui me ramène à notre rendez-vous escargots (d’Isabelle et moi, mais vous êtes toutes les bienvenues). Je vous promets, je ferai de mon mieux pour bien observer les coquilles des escargots, une fois que je les aurai vidées en avalant les mollusques accompagnés d’une baguette bien beurrée.

Voilà donc la possibilité de légitimer et même d’anoblir notre recherche ainsi que de l’élargir à un contexte international, en joignant ou en créant nous-mêmes un réseau pour mutualiser nos connaissances  et peut-être même un cluster pour décrocher des financements (pourquoi pas dans le cadre des programmes apprentissage tout au long de la vie ?). J’imagine déjà un congrès zoo- bio-  philologique, phonétique, plurilinguistique, interdisciplinaire et interculturel à la fac : « Cris sans frontières : langues et langages du troisième millénaire ».

(merci à TrombaMarina http://fr.fotopedia.com/items/flickr-1432300157)

A bientôt, vous me manquez !

(http://images.wallaceandgromit.com/films/wererabbit/gallery/2.jpg)

Annunci
Questa voce è stata pubblicata in animaux, à la fac, mathématiques, questions, questions zoologiques e contrassegnata con , , , , , , , . Contrassegna il permalink.

3 risposte a Des spirales et des tournesols

  1. dominique ha detto:

    Bravo Giovanna, je ne sais pas ce que tu fiches dans ton bureau, tu devrais partir en congrès tous les quinze jours au moins, tellement tu moissonnes ! tu réussis même à inventer la couleur des kangourous !! Il fallait y penser, eh oui, que le kangou ne pouvait être que roux.. Et voilà comment on refait le monde quand ii n’est pas terminé. 🙂 Quant aux matheux, ils ont raison de se pencher sur les fleurs ; même si je n’ai rien pigé à la formule, cela a illuminé la fin de cette belle journée printanière. Combien font cinq bises divisées par deux joues ?
    Si tu trouves la solution, tu les gagnes toutes
    dominique

    • bloggiovi ha detto:

      Merci, Dominique, cela devrait bien faire 2,5 bises par joue, qu’en penses-tu? Ou bien trois bises sur la joue gauche et deux sur la droite, ou encore…
      Moi je te les redouble!
      A bientot

  2. Pingback: Comme quoi? | bloggiovi

Rispondi

Inserisci i tuoi dati qui sotto o clicca su un'icona per effettuare l'accesso:

Logo WordPress.com

Stai commentando usando il tuo account WordPress.com. Chiudi sessione / Modifica )

Foto Twitter

Stai commentando usando il tuo account Twitter. Chiudi sessione / Modifica )

Foto di Facebook

Stai commentando usando il tuo account Facebook. Chiudi sessione / Modifica )

Google+ photo

Stai commentando usando il tuo account Google+. Chiudi sessione / Modifica )

Connessione a %s...