Mes soirées avec Béa

Un des cadeaux que Berlin m’a faits, c’est d’avoir retrouvé Max et Béa, que je connais depuis notre séjour à Paris, à la Sorbonne! Avec Max et Béa on s’est retrouvés voisins, dans la Emser Strasse, près du Ludwigkirchplatz, ici à Berlin.

(Ludwigkirchplatz)

Max et Béa et leurs enfants magnifiques, que j’ai vus grandir durant ces dix ans à Berlin : Maxime, Charlotte et Emily. Grâce à ce voisinage, on a plusieurs occasions de se voir : quand Emily oublie ses clés, elle vient sonner chez nous ; en rentrant le soir de la fac, il m’arrive de croiser Max ; on s’invite à dîner ou à déjeuner chez l’un ou chez l’autre, on va vite boire un café chez Sweet 2 go le dimanche après-midi ou un apéro après la Messe ; on fête souvent Pâques ensemble ; on organise des soirées DVD (Clockwork Orange et The Rocky Horror Picture Show, par exemple) ; on se prête des matelas ou du linge quand nous avons des invités.

(Sweet 2 go)

On adore les filles, Charlotte et Emily, auxquelles Boris a fait un petit hommage dans un de ses romans ; on aime bien passer des après-midi tous ensemble ; on va même au yoga ensemble, Béa, Charlotte et moi (sauf que Charlotte est à Paris, maintenant). Mais ce que je veux évoquer ici, ce sont nos soirées à nous, Béa et moi.

Elles ont quelque chose de spécial, ces soirées. Parfois on sort boire quelque chose, ou même dîner elle et moi (chez Paul, par exemple, l’été dernier), et alors on discute, on se raconte – les enfants, le yoga, nos familles, nos projets de vacances, des expositions… Mais souvent, on aime aller au cinéma, voir des films qu’on ne voudrait pas forcément voir avec nos maris.

Donc, on se consulte d’avance pour choisir un film, suivant parfois des conseils ou des vétos des filles – Inglorious bastards ce n’est sûrement pas pour moi, je me suis fait dire une fois par Emily –  ou nos préférences pour un comédien ou l’autre (Johnny Depp étant un de mes favoris), nous en fiant souvent à la bande annonce après l’avoir fait passer et repasser plusieurs fois sur internet. Les résultats ne sont pas toujours glorieux. Je me souviens d’un film américain avec Matt Damon auquel on n’a compris rien du tout, mais vraiment rien ; de la déception tirée de Up in the air, qui n’était rien d’autre qu’une série de gros plans de George Clooney, ou de The ninth gate, qui contrairement à ce qu’on s’attendait n’était pas scary du tout. Bien sûr, il y aussi de films qui nous ont plu, comme Whatever works (avec Woody Allen on ne peut pas se tromper), ou Two days in Paris, ou on n’arrêtait pas de rigoler.

Mais, quel que soit le film que nous allons voir, quel que soit le cinéma, nos soirées ont certaines constantes : d’abord, c’est elle qui vient me chercher avec sa Polo verte. Ensuite, on commence à parler dès qu’on se rencontre, en route, au cinéma, en profitant aussi de la queue pour les tickets et du petit quart d’heure de pub avant les bandes annonces (ce qui ne manquerait pas de m’énerver, si j’étais à la place des quelques malheureux assis à coté de nous, mais comme c’est moi qui parle, ça ne me dérange pas du tout). Pendant le film on se tait, sauf pour se poser des questions vitales si jamais il se passe quelque chose de bizarre ou si on reconnaît un endroit, ou si un décor nous inspire. Après le film on commence à se poser des questions sur les personnages et les comédiens, sur ce qu’on n’a pas compris, sur la fin du film … On en discute en sortant, en allant chercher la voiture – si on est allées au Sony Centre on s’interrompt juste pour se demander c’est où, au fait, qu’on a garé la voiture ? – en rentrant. Il y a toujours des bouts d’histoire qui ne collent pas, des tournants qui auraient pu être autrement, des personnages qui nous ont pas tout à fait convaincues. Une fois arrivées près de chez nous, on est peu à peu reprises par la réalité, on prend des accords pour le prochain cours de yoga, ou on se dit au revoir parce qu’elle part en Belgique, ou moi je pars en mission. Finalement, la plupart des fois, encore hantées par nos questions, à peine rentrées on se jette sur internet, on lit une critique, à la recherche d’une explication, d’une confirmation. Et on s’appelle, le jour après – le soir même étant déjà trop tard – pour mettre l’autre à part de nos découvertes…

Voilà. Vous pourriez dire que ces soirées ont l’air très normal, banal même. Mais moi, je les trouve spéciales, parce que c’est Béa et moi, parce que c’est bien d’être ensemble, parce que à chaque fois je me dis, quelle chance de s’être retrouvées, et qu’il faut bien en profiter, comme on se sait pas si elle repartira bientôt, Béa…

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